mercredi 22 mars 2017

L'art, principalement photographique, prend du relief à Chalmaison

Au pays de l'éclectisme, illustré tout particulièrement par le premier élu de cette localité où se déroulait tout dernièrement cette exposition, évoquer une autre façon de voir, avec le support de la photo dite ''hybride'', c'est assurément, entre autres, faire preuve d'une belle ambition qui n'enlève rien à cette humilité propre aux artistes dans l'âme.


À condition, dirions nous avec un rien de provocation, de ne pas perdre son âme en question, chemin faisant. En fait, pour les artistes invités par Chalmaison, Jean-Pierre Dalannoy, et équipiers de tous bords, l'on pourrait sans coup férir parler d'expressions plurielles, dans cette façon de voir, justement, et de faire ressentir celles-ci aux autres.
Les sujets qui nous interpellent et qui font de nous des passeurs de l'émoi, de l'émotion, de la sensibilité qu'ils suscitent en nous, provoquent de surcroît, ce désir, ce besoin, cette envie de confronter, de mettre en commun, peut-être plus encore que de partager, ce qui laisse même à chacun, le champ libre pour toute approche, pour toute interprétation, toute appropriation, toute critique constructive, dans un esprit de complémentarité et d'apprentissage: notre propre ressenti s'enrichit du regard des autres. En somme, il s'agit d'intégrer de façon pédagogique, le savoir-faire des autres, autant de connaissances différentes pour une culture à la fois personnelle et commune, la plus large.


Vous avez dit ''Hybride''?
Jean-Paul Houdry, comme lors de la première édition de cet événement début 2016, était cette fois encore, la clef de voûte du week-end consacré aux images, aux représentations imagées, graphiques, suggérées..., comme un portail par lequel on peut accéder sans pour autant avoir le sentiment de devoir passer sous les fourches caudines.
Celui qui se lance dans une nouvelle aventure, avait l'année passée, établi comme des passerelles entre l'architecture urbaine et ce qu'en parallèle, peut offrir la nature. Cette fois-ci, avec ce qu'il nous a donné à voir, lui qui a connu professionnellement et artistiquement des courants très divers, faisant se succéder espaces industriels, architecture contemporaine, environnement urbain, paysages, il lève le voile sur l'intérêt qu'il veut porter de plus en plus, nous semble t-il, aux outils techniques que met à disposition l'option du numérique.


À un point, nous aura t-il confié, que pour l'édition prochaine de 2018, il entend lever le pied, désireux qu'il est de s'immerger dans ce vaste espace hybride dans lequel il pressent que se combinent les techniques les plus variées et inattendues que suggèrent les nouvelles technologies. Il pense qu'il n'en émergera qu'après un temps assez long (plusieurs années peut-être) pour, déclare t-il ''avoir étendu ses sujets photographiques de prédilection en cherchant à les enrichir avec un travail d'intervention sur la couleur, les tonalités, les contrastes, jeux de complexifications graphiques, incrustation d'images fantômes offrant une perception décalée de la réalité...'' Belle ambition, comme un désir assure t-il encore, de rendre compte autrement, du paysage, de l'environnement urbain ou encore de la matière, ainsi que d'approfondir la force de ses sujets et d'en tirer un sens esthétique à la fois plus complexe et novateur...


Du coup, il nous fait penser à ce que disait l'académicien Alain Peyrefitte qui lui aussi faisait montre d'un éclectisme assez exceptionnel et dont le parcours lui avait fait vivre des fonctions multiples, à Provins, en métropole, en Europe, dans les monde, notamment en Chine, Union soviétique, Algérie: ''vous, les artistes, vous avez une chance et un avantage sur moi, c'est que vous pouvez restituer un sujet, rural ou urbain, à votre convenance. Comme par exemple de supprimer les lignes électriques disgracieuses de notre ville quand vous en représentez un quartier, alors que moi-même, je ne suis pas sûr d'y parvenir de mon vivant.''
... Et ce que nous rapportons de ce que disait le député-maire du Provins d'alors, dans les années 80, n'avait pas encore l'empreinte que nous vivons actuellement, du numérique.


Chassez le naturel...
Tant au niveau du public que des exposants, comme des personnes liées à l'organisation de l'exposition, tous faisant écrin à Jean-Paul Houdry. L'on retrouvait sur ces deux journées, un panel artistique du meilleur attrait: Nadine Villiers et ses photos intimistes de familles de renards pris en milieu naturel - Claude Philipps dont les vues de la nature, notamment les marmottes, méritent d'être en lumière - Gilles Fay qui pour sa première expo se joue pertinemment de cette lumière, mis au défi certes du numérique par Jean-Pierre Dalannoy - Jacques Puydebois qui sortait d'une exposition sur les instruments de musique anciens à la Bibliothèque Alain Peyrefitte de Provins et qui sait aussi faire vibrer ceux (et ce) qui l'entourent - Michel Charlet qui projetait la semaine passée, place du Cloître, ses images prises à Pinghyao, moment que nous n'avons pas pu partager, tout en espérant avoir une autre chance - Georges Souchal qui pour être entre autres un artiste peintre de renom présentait ses premières photos de coucher de soleil sur notre région..., prises comme il nous l'a montré avec son portable. Dans cet énoncé, il nous faut ne pas oublier Jean-Pierre Delannoy, qui sur écran mis à disposition par Pro & Cie, illuminait la salle de l'étage d'images lumineuses en compagnie des productions des Souchal, Puydebois et Tillet.


- Ce monde de l'art, fut conforté par la présence sur ces deux journées à Chalmaison, de nombreux autres amoureux de la nature et de notre ruralité, comme quoi, l'on ne peut chasser le naturel car il revient de toute façon à brides abattues, en intégrant l'hybride sans le brader pour autant, bien au contraire...

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